Mythes et légendes des diamants de synthèse

Sauf si vous êtes atteint par la folie des grandeurs et que le seul bruit de l’or en soi suffit à ravir vos oreilles au petit matin, les bijoux et les matières nobles qui le composent sont généralement avant tout prisés pour ce qu’ils représentent. Ils sont le symbole de l’amour et de l’émotion, et comme nous le disions ici, ils racontent une histoire. Ce sont des trésors qui se transmettent de génération en génération.

Leur apparition dans le monde de la joaillerie a fait grand bruit: apparemment identiques aux diamants naturels, plus écologiques, traçables, et moins chers, ses défenseurs – producteurs – les présentent comme un produit destiné à “remplacer” le diamant naturel sur le marché. Mais tout n’est malheureusement pas parfait sur la planète green, et l’engouement général suscité par les diamants de synthèse est une réalité qui peut en cacher une autre. On a donc essayé de faire le point.

Les diamants synthétiques: une alternative identique à un prix bien plus accessible?

Les diamants de synthèse sont des imitations du diamant naturel et ils doivent continuer à être considérés en tant que tels.

Produits en laboratoires, en quelques jours ou en quelques semaines, les diamants de synthèse auraient les mêmes propriétés physiques, chimiques et optiques que les diamants. À ceci près que les laboratoires de gemmologie parviennent à les identifier: le “réseau cristallin” des deux types de pierres ne sont pas identiques. À ce jour,  le Laboratoire Français de Gemmologie (LFG) est le seul laboratoire à avoir décidé de ne pas évaluer les diamants synthétiques selon la règle des 4C, appliquée aux diamants naturels. Le LFG a récemment expliqué sa prise de position à travers un long entretien accordé à Rapaport Magazine et expliqué que les diamants de synthèse “sont des imitations du diamant naturel et qu’ils doivent continuer à être considérés en tant que tels.” De plus, leur choix répond aussi à une exigence de cohérence: les autres pierres de synthèse ne sont pas évaluées sur la même échelle que leurs homologues naturels, et le faire exclusivement pour les diamants de synthèse serait difficilement justifiable.

Les diamants synthétiques supposeraient un prix jusqu’à 50% moins élevé. En réalité,  c’est extrêmement variable d’une marque à l’autre. Certaines enseignes, sous couvert de vendre des pierres éthiques, enregistrent des marges florissantes quant à leurs coûts de production, et ce aux dépens du consommateur. Car il y a fort à parier que le prix des diamants de synthèse soit appelé à baisser dans les années à venir, leur production étant une production en série, et les laboratoires entretiennent un certain mystère quant aux coûts réels de production. Un business lucratif donc, loin de la transparence revendiquée par le secteur.

Les diamants de synthèse: une production -et un achat- véritablement éthique et éco-friendly?

De récents rapports ont montré que les laboratoires fabricants de pierres de synthèse sont très gourmands en énergie.

Les diamants de synthèse seraient une alternative eco-friendly, jusqu’à 15 000 fois plus écologiques si l’on en croit ses producteurs, même si l’origine de ce chiffre -exubérant- reste mystérieuse et difficile à démontrer. Ils seraient aussi plus faciles à tracer que les diamants naturels, et donc plus éthiques

Mais de récents rapports ont montré que les laboratoires fabricants de pierres de synthèse sont très gourmands en énergie: un diamant naturel de 1 carat taillé émet 160 kilogrammes de CO2, contre plus de 500 pour un diamant synthétique, comme le montre une étude de Trucost. De plus, les principaux pays producteurs des diamants de synthèse, tels que la Chine ou la Russie, ont une industrie basée sur le charbon et l’exploitation des énergies fossiles: le coût réel doit-être supérieur. Quant aux diamants naturels, une grande partie d’entre eux proviennent de mines au Canada, en Australie, et ont donc une origine aisément traçable: les diamants naturels ne sont pas nécessairement “blood”. 

Évidemment, chez Hope, nous sommes conscients que le marché des diamants naturels est loin d’être 100% éthique. L’exploitation d’une mine de diamants, même si elle reste moins polluante que l’exploitation d’une mine d’or, a un impact écologique. Certains diamants -issus du marché noir- échappent au processus de Kimberley qui certifie qu’aucun diamant de conflit ne puisse être vendu sur le marché légal.

Vers un marché du diamant plus éco-responsable et transparent

Ce dont nous sommes sûrs et ce dont nous nous réjouissons chez HOPE, c’est que le marché mondial du diamant a pleinement pris conscience des enjeux de ce siècle, et ce grâce à la concurrence des diamants de synthèse. Les géants de la mine de diamants, réunis au sein de la Diamond Producers Association (DPA), se sont donc livrés à un exercice de transparence. Ils ont publié une série de données sur les bénéfices ainsi que sur l’impact négatif de leurs activités: c’est le rapport Trucost dont nous vous parlions tout à l’heure. Le rapport émet aussi des recommandations: le secteur de l’exploitation minière devra donc adopter davantage les (b.bold)énergies renouvelables, augmenter le recyclage des déchets miniers produits sur les sites, et améliorer leurs normes de sécurité. Des recommandations qui, sous la pression de la concurrence des diamants de synthèse, sont prises très au sérieux.

D’autres parts, le géant De Beers a décidé d’investir massivement dans la technologie blockchain pour afficher la transparence et la traçabilité des diamants car, selon son directeur, «Aujourd’hui plus que jamais, les consommateurs attendent d’en savoir davantage sur leurs produits de luxe, la route qu’ils ont empruntée, leur authenticité, et s’ils ont été une force positive dans le monde». Il a donc lancé une plateforme dédiée à la traçabilité des diamants, Tracr, plateforme désormais rejointe par d’autres géants, tels que le russe Alrosa ou le britannique Signet Jewelers. 

Le choix de l’authenticité de Hope: les diamants naturels et leurs significations

Nous pensons que repenser nos modes de consommation ne se fera pas en fabriquant à partir de pierres de synthèse, mais en redonnant toute sa valeur à un héritage qui vient du fond des âges, allié au talent de nos artisans.

Après avoir exposé ces différents arguments, nous souhaitions, chez HOPE, revenir sur un aspect particulier des diamants naturels et de synthèse, inquantifiable par des chiffres: leur sens et ce qu’ils racontent sur nous, en tant qu’individus et communautés. L’éthique et la transparence sont au coeur de notre métier et nous y travaillons chaque jour. De la même manière dont nous défendons une société consciente et une joaillerie éco-responsable, nous défendons aussi les métiers d’art et de la création

Le diamant naturel est âgé de millions d’années. En tant que diamant brut, il est porteur de l’Histoire de la Terre. En tant que diamant taillé, il est témoin de l’Histoire que les hommes ont avec celle-ci, et de leur capacité à sublimer ce qu’elle leur donne. C’est l’essence même de l’artisanat, de cette alliance si fragile, et pourtant si belle, de l’homme et de la matière: c’est pourquoi le diamant est vecteur d’émotions. La production de diamants de synthèse est industrielle et en série, elle ne repense pas notre relation à la nature. Elle ne repense pas nos modes de consommation, ni nos systèmes de valeurs. Elle suppose l’industrialisation en série d’un bien consommable, ainsi que de rendre un produit fini infini. 

Nous sommes des artisans de la matière, des amants de la création: nous ne pouvons donc pas délaisser l’unicité pour le standardisé, ni la singularité pour l’uniformité. Nous pensons que repenser nos modes de consommation ne se fera pas en fabriquant à partir de pierres de synthèse, mais en redonnant toute sa valeur à un héritage qui vient du fond des âges, allié au talent de nos artisans


0
× Des questions?