Huit bagues de fiançailles emblématiques de leurs fiancées 1/2

Les bagues de fiançailles. Elles sont discrètes, simples ou épurées. Exubérantes, mirobolantes ou étincelantes. Style Art déco, vintage, ou plus contemporaines. Ce sont des bijoux familiaux ou des créations uniques. Mais toutes ont un point en commun: ce sont des anneaux. Dès l’Antiquité, les anneaux deviennent le symbole de l’engagement, même si on ne différencie pas encore la bague de fiançailles des alliances: en tant que cercle parfait, il est le “tout” et “l’unité”, il est le symbole de l’éternité. Il représente la fusion des âmes, ainsi que des corps. 

Cette tradition remonte à l’Égypte ancienne: les fiancés s’échangent alors de simples anneaux, faits de chanvre, d’osier, ou d’ivoire, ayant le pouvoir de lier le coeur des amoureux pour l’éternité. Ils le portent à l’annulaire gauche, convaincus qu’une veine relie ce doigt directement au coeur. Cette veine, les romains l’appellent par la suite vena amoris, et perpétuent cette tradition à ceci près que les anneaux échangés sont en métal. Au Moyen-Âge, les  futurs époux (ou les époux) s’échangent une bague appelée “fede” ou “mani in fede”: l’anneau, formé de deux mains jointes tenant ou non un coeur couronné, signifie la confiance, ou les mains en confiance. Celles ou ceux d’entre vous nés au tournant des années 80 auront reconnu la bague d’Angel, dans Buffy contre les vampires. Tout s’explique.

Ce n’est qu’au 15ème siècle que l’on commence à différencier la bague de fiançailles, officialisation d’une promesse d’amour, à l’alliance, symbole du pacte passé entre les deux êtres aimés. Dès lors, la bague de fiançaille devient de plus en plus complexe, à tel point qu’aujourd’hui, ceux qui souhaitent se déclarer auprès des êtres aimés cherchent généralement une bague à l’image de ces derniers. Hope a sélectionné pour vous huit bagues de fiançailles mythiques, emblématiques des fiancées qui les ont portées, et quelquefois, choisies: de Marie de Bourgogne à Kate Moss, florilège de certaines de ces bagues devenues légendaires, symboles d’amours passionnés -et passionnels.

Marie de Bourgogne reçoit la première bague de fiançailles sertie de diamants de l’Histoire

France, XVème siècle. Marie de Bourgogne, fille unique du duc de Bourgogne, Charles le téméraire, devient l’héritière la plus riche -et la plus convoitée- d’Europe, à seulement vingt ans. À tel point que le roi de France, Louis XI, perçoit le danger qu’elle représente et tente à tout prix de la rallier à la couronne… En essayant de la fiancer à son fils, âgé d’un an seulement. Mais Marie est cultivée, perspicace et stratège. Elle a conscience de sa propre valeur et a bien raison: son mariage va orienter la géopolitique de l’Europe pendant près de deux cent ans. Si les anneaux sertis de diamants sont à l’époque réservés aux hommes d’influence, Marie, qui se fiance en 1477 à Maximilien d’Autriche, futur Maximilien 1er de Habsbourg, empereur du Saint-Empire Romain Germanique, ne l’entend pas de cette oreille. Elle lui écrit: “Aux fiançailles, votre grâce doit avoir une bague sertie d’un diamant, et aussi un anneau en or.” Or, rien n’est trop beau pour l’héritière aux innombrables terres, d’autant plus que Maximilien est réellement amoureux de sa dulcinée, chose rare à cette époque. Il écrit d’ailleurs à un ami qu’il a une “épouse charmante et vertueuse”, aux yeux “bruns et verts, beaux et clairs”, et que “sa bouche est quelque peu haute, mais pure et rouge”. On prend ça comme un compliment de l’époque, et Marie reçoit donc une bague en or sertie de diamants qui forment un “M”. Une bague sur mesure donc, et qui soudera un mariage heureux, et puissant. En effet, la devise de l’Autriche, “felix Austria”, sous le règne des Habsbourg, est la suivante: « Que les autres fassent la guerre, toi, heureuse Autriche, contracte des mariages, car les royaumes que Mars donne aux autres, c'est Vénus qui te les assure ». Marie reçoit sa bague, et le Saint-Empire devient l’un des plus puissants de l’Histoire. Efficace.

Jacqueline “Jackie” Kennedy et sa passion des émeraudes

Nous survolons quelques siècles et nous arrivons aux années 50, une décennie prolifique en matière de bagues légendaires. Jacqueline “Jackie” Bouvier, mais pas encore Kennedy, ni Onassis, a une passion pour les émeraudes. Et John F. Kennedy, alors surnommé “Jack”, comme tous les “John” en Amérique, le sait pertinemment lorsqu’il choisit la bague avec laquelle il demandera sa main, en 1953, aidé par son père. Or, rien n’est trop beau pour cette femme délicieuse, espiègle, cultivée et intellectuelle, qui parle quatre langues couramment, déteste la routine; qui deviendra une icône de style et d’élégance, sachant être à l’aise avec Charles De gaulle comme avec Khrouchtchev. Ils lui choisissent donc un anneau surmonté d’un diamant de 2,88 carats, taille émeraude, et d’une émeraude de 2,84 carats, qui sont bordés de diamants taille brillant et de baguettes. Mais ces dernières sont remplacées par 14 diamants taille marquise. Une bague somptueuse, à l’image des goûts de la future first lady qui sera d’ailleurs critiquée quelquefois pour ses goûts de luxe. La bague marque les esprits, tout comme sa propriétaire. John déclare d’ailleurs, suite à un de leurs premiers voyages officiels en 1961, qu’il est “l’homme qui a accompagné Jackie Kennedy” et qu’il a “adoré”. Mais comme chacun le sait, l’Histoire sera loin d’être tendre pour Jack & Jackie. Bien que séparés par la mort tragique de JFK en 1963, Jackie continuera de porter, toute sa vie durant, un bracelet en diamants offert à leur mariage par un John heureux et reconnaissant. Deux cercles d’éternité pour le prix d’un pour celle qui, alors tout juste veuve, et en dépit d’un mariage houleux, écrivait à un prêtre devenu son confident: “Je n’ai d’autre choix que de penser qu'il y a un Dieu - sans quoi je n'aurais plus l'espoir de revoir Jack”.

Audrey Hepburn et sa bague - ou plutôt ses bagues- de fiançailles

Nous sommes encore au début des années 50 et la fièvre “Audrey Hepburn” bat son plein à Hollywood. Soyons clairs: la “jolie frimousse” (surnom qui ne laisse pas transparaître tout le caractère de celle qui en est affublée) détonne au milieu des silhouettes glamour et généreuses des icônes des années 50. La “brindille” (encore un surnom peu révélateur de la flamme qui l’habite) contraste avec les Marilyn Monroe et les Ava Gardner. Billy Wilder, réalisateur, déclare d’ailleurs avec malice: “Elle est capable, à elle seule, de faire de la poitrine une valeur du passé” (merci Billy). Elle rencontre celui qui deviendra alors son premier mari Mel Ferrer, acteur talentueux et de renom, mais qui passera surtout à la postérité, malheureusement pour lui, pour être le premier à lui avoir passé la bague au doigt. Mais pour l’instant, nous sommes en 1954, dans un jardin surplombant le lac de Lucerne, en Suisse, et l’acteur lui fait sa demande, avec un simple anneau d’éternité: un anneau en or blanc pavé de diamants baguettes, symbole de pureté et d’infini, dont l’élégance n’a d’égale que sa simplicité. En guise de “yes”, elle lui offre une montre en platine gravée, où l’on peut lire l’inscription “Mad about the boy”, le titre d’une chanson de Noel Coward. Mel sait que le style Hepburn est déjà entré dans la légende et qu’elle est admirée pour son élégance dans le monde entier. Quelques mois plus tard, il lui remet lors de leur mariage, en plus de son alliance, deux anneaux: L’un en or rose, l’un en or jaune, pour qu’elle puisse assortir sa bague de fiançailles à sa tenue. Mais l’histoire raconte qu’Audrey aimait les porter ensemble: cela donnera lieu à une nouvelle tendance, celle de mixer des anneaux d’ors différents. Ou comment allier simplicité et originalité, douceur et force, tradition et innovation: Audrey sur toute la ligne.

La bague eternity de Marilyn Monroe

Nous sommes encore en 1954, mais de l’autre côté de l’Atlantique cette fois-ci: cela fait maintenant deux ans que la star de baseball des yankees, Joe Dimaggio, sort avec l’immense -et torturée- Marilyn Monroe. Il la demande spontanément en mariage: c‘est à dire sans bague, mais celle-ci viendra après. Celle qu’on confond alors avec son rôle de croqueuse de diamants dans Les hommes préfèrent les blondes reçoit une bague eternity pavée de 35 diamants baguettes. D’une simplicité et d’une beauté sans nom. La bague eternity est symbole de pureté et d’amour éternel. Or, derrière l’immense icône de Marilyn et le bruit qu’elle fait à Hollywood, se cache surtout une femme dont l’innocence, en dépit des drames vécus, lui jouera des tours. Une femme en quête d’amour véritable et -surtout- de paix. Une bague parfaite donc, mais qui malheureusement ne sera que portée neuf mois, jusqu’au tournage de Sept ans de réflexion. Si vous n’avez pas vu le film, vous connaissez quand même la scène: Marilyn, une bouche de métro, sa robe blanche qui se soulève. Joe ne gère ni le talent, ni le statut de sa femme, ni ce qu’elle représente: ils se séparent. Mais l’amour réserve des surprises comme lui seul sait bien le faire, et Joe Dimaggio n’a pas promis amour éternel à la légère. Chose promise, chose dûe: ils restent très proches et lui, amoureux. Il sera aux côtés de l’actrice dans les moments difficiles, jusqu’à la mort de l’icône, en 1962. Et il garnira sa tombe de roses, en personne ou non, trois fois par semaine pendant vingt ans. Jusqu’à ce que lui aussi, à son tour, s’éteigne. Ce n’est que vingt ans, mais chez Hope nous sommes compréhensifs: on lui concède volontiers le titre d’éternel.



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